Père, pardonne-leur, il ne savent pas ce qu'ils font...
"Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'il font"
Je viens de voir le superbe film de Mel GIBSON, la Passion du Christ, certes peu polémique et sans parti-pris, mais pourquoi vouloir toujours justifier un intérêt pour le religieux par une attitude critique sous peine de se voir reprocher, si ce n'est ses croyances, au moins cet intérêt.
Ce film est magnifiquement réalisée et a eu le mérite en ce qui me concerne de me remémorer mes lointaines leçons de cathéchisme... Oubliée, la souffrance du Christ au moment de sa condamnation, je ne me souvenais que de l'épisode de Barabas, je ne savais plus le châtiment exemplaire de la flagellation infligée au Christ par des soudards romains qui lui arrachèrent les chairs, châtiment qui ne le sauva pas de la couronne d'épines fichée dans son cuir chevelu, des stations du chemin de croix et de la crucifixition (dont aucun des détails ne manquent - cordes, clous...) demandée à grand cri par les membres du Sanhédrin...
Le film nous montre les tortures endurées par cet Homme, et nous laisse en révolte. Comment peut-on en arriver là? Quelle puissance pousse cet Homme (magnifique acteur, dont l'oeil ouvert malgré le sang me hante) à rester debout sous les coups, les crachats, les insultes, alors que ses côtes percent à travers ses plaies? Quelle puissance fait monter en lui cette demande :"Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'il font"?
Je ne m'étais pas rendu compte à quel point cette demande de pardon est la clef de voûte du nouveau testament, et délivre l'essentiel de ce qu'est, ou devrait être la religion (catholique, mais pourquoi ne pas l'étendre...)
Voici un homme qui a subit le pire et qui trouve dans sa foi, la force de demander le pardon pour ses bourreaux...
Peu importe finalement que l'histoire soit réelle, qu'il soit ou non le fils d'un Dieu que certains peuvent penser hypothétique, mais on ne peut rester indifférent à cette phrase qui gomme à jamais la violence, la vengeance du Dieu de l'Ancien Testament.
Certes, il s'est commis beaucoup de crimes au nom de la religion, la mort du christ en est un, mais pardonner à celui qui te nuit, pire, à celui qui nuit à ta propre chair, voilà l'ultime définition de l'amour. Pourquoi plutôt que d'en rester à des querelles de clochers, ou de minarets, n'entendons-nous pas celà?
Une question cependant qui me tracasse et vient perturber ce que j'affirme: Quel sens donné à la question du Christ "Mon père pourquoi m'as tu abandonné?" Ne renie-t-elle pas ce qui précède? Par cette faiblesse le Christ montre-t-il son humanité?
Je traverse une phase de lectures métaphysiques en ce moment... Voici l'homme, Cheval de Troie, je reprends mon souffle avec Femmes d'Aventure... La traversée du désert d'eau m'a fait pleurer... j'en parlerai bientôt.




Pas perdus dans la neige électrique