Les Beaux-Arts qu'on assassine!!
Je me souviens de mes années lycées et des promenades en ville qui souvent se terminaient, au commencement de la rue Foch , au café "La Source"...
Là, nous retrouvions les élèves d'autres lycées (notamment ceux d'Arago, que nous traitions de petits bourgeois) et les étudiants des Beaux Arts, qui jouissaient d'un certain prestige auprès de nous, enfin surtout des filles, ce qui avait parfois le don de me mettre en rogne... Oh j'aurais bien pu rentrer aux Beaux Arts, je regrette même de ne pas avoir eu l'initiative de m'y inscrire, mais j'étais à cette époque un peu radical, et comme je n'avais pas pu m'inscrire en filière A3 au lycée Jean Lurçat pour une histoire d'effectif, et bien j'avais fait une croix sur les arts plastiques, me consacrant aux langues et aux maths de ma chère filière A1... A cette époque, études et loisirs étaient auxiliaire et participe...
Certains d'entre eux donc, les chevelus, faisaient papilloner les yeux de nos amoureuses racontant qu'ils connaissaient très bien Emile l'excentrique de l'en-ville, tête semi-rasée, physique de gnafron et excellent caricaturiste..., avec lequel ils avaient "des projets en cours"... Nous prêtions plus attentivement l'oreille lorsque l'un deux nous racontait une scéance de nue, type belle noiseuse...
J'ai détesté le lycée, mis à part mes cours de français de première et la terminale à l'issue de laquelle je me pensais libéré, mais j'ai aimé ses à-côtés... Et aujourd'hui, en lisant un article de l'Indépendant Catalan du 22 mars, que vient de m'envoyer ma mère, pour me maintenir en contact avec le pays, je suis triste d'apprendre la fermeture des Beaux-Arts de Perpignan... Ecole dite "trop couteuse et trop peu visible" ou "qui ne correspond plus à la vision de la mairie qui aurait tendance à associer la notion culturelle à une vignette touristique"?
Toujours est-il qu'en fermant cette école, non seulement on se passe d'un lieu de création, même si cette création n'est pas du goût des autorités locales, mais on se passe aussi d'un lieu de formation, et cela n'a pas de prix... Surtout au regard d'autres dépenses qui tentent de faire passer Perpignan pour la Barcelone du Sud de la France, sans en avoir forcément ni les moyens, ni les épaules... Le projet de remplacement de l'école par une résidence d'artistes, qui n'est pas encore bien défini, me semble un autre cas d'esbrouffe, d'où est exclu le volet formation...
Créer l'un et maintenir l'autre eut été mieux... Comme il aurait mieux vallu, si il n'y avait pas d'autres choix possible, une fermeture en douceur pour permettre aux étudiants de terminer leur cursus...




Pas perdus dans la neige électrique