Extrait vidéo tiré du site de campagne de François Bayrou www.bayrou.fr, le premier le 17/01/06 et le deuxième sur la même note le 18/01/06, en remplacement du premier extrait.





Voilà un sujet qui me touche... Je suis petit fils de viticulteur, fier de mon terroir, le vignoble de MAURY dans les Pyrénées Orientales...

A longueur de temps j'ai entendu mon grand-père, qui malgré tout reste attaché à sa terre et son ancien métier, pester contre les difficultés de son métier, l'ouverture du marché aux vins de l'extérieur sans assurance d'un même traitement de qualité, contre le fait que notre région à l'excellent vin avait du mal à voir ses ventes décoller (aujourd'hui la cave coopérative de Maury a fait du chemin heureusement) alors même que la Gironde achetait en cachette nos grappes pour faire un Bordeaux bien sudiste, contre la mauvaise conscience que nous donnent les pouvoirs publics à consommer du vin tous les jours à table ( une des définition de l'alcoolisme...)
Il nous déconseillait même de reprendre l'exploitation, ce que nous n'avons pas fait d'ailleurs (je suis prof à l'étranger) accélérant ainsi, Ô douleur, la vente des nos vignes car on ne trouve plus depuis 10 ans de mi-fruitier digne de ce nom et qui arrive à joindre les deux bouts...
bref ses discussions que j'écoutais distraitement, me font dire aujourd'hui que le problème est ancien et a pourri ignoblement...

Il ne s'agit pas de devenir tous des ivrognes, fermé au monde pour sauver le vin français, mais bien de rendre au vin sa place dans notre paysage culturel... Il manque donc à vos propositions en volet éducatif celui de l'apprentissage du gout du vin...

J'ai la chance de vivre dans un pays produisant des vins du nouveau monde, tous d'origine française, et dont certains, Malbec impérial, Merlot et Cabernet-Sauvigon surprenants, mélange de cépages..., n'ont rien à envier à leur terroir d'origine... Même si on les taxe souvent de vins faciles...
Ici la consommation du vin est complètement décomplexée... On trouve des vinothéques dans chaque quartier, et le vin reste à la fois luxueux et convivial... On n'entendra personne dire "je n'aime pas le vin", mais au contraire essayez de comprendre en quoi le vin peut être une fête gustative... Il ne s'agit pas d'un passe-temps élitiste, mais d'une recherche de sophistication à l'européenne que même les bourses les moins garnies peuvent s'offrir pour le plaisir... car ici l'œnologue ne travaille pas qu'à faire de grands vins, mais à en faire de bons... même si cela passe par un certain conformisme, c'est le moyen d'attirer et de préparer les palais... Il me semble que si l'on veut reconquérir un public, outre les aides fiscales et politiques, c'est dans ce sens là qu'il faut aller, simplifier dans son propre pays l'offre gustative, rendre le vin accessible en le dédiabolisant et éduquer les plus jeunes.
Politique: François Bayrou et la viticulture