Dimanche d'élections à Perpignan, en Argentine et au Honduras...

Jean Paul Alduy peut se tenir droit dans ses chaussettes, il vient d'être réélu en tant que maire de Perpignan.

Les résultats des élections législatives anticipées en Argentine  témoignent du rejet de la politique présidentielle K.

Quant au Honduras... difficile d'appeler processus démocratique l'"enquête" à laquelle voulait se livrer Mel Zelaya, président élu par le peuple hondurien lors des dernières élections présidentielles.

Mel Zelaya, candidat du parti libéral, conservateur de centre-droit s'il faut lui donner une étiquette a pris ses fonctions dans l'éternelle tradition d'alternance Rouge (libéraux) / Bleu (Nationaux, plus à droite), qui fait immanquablement allégeance aux Etats Unis d'Amérique.
Je me souviens de la précipitation avec laquelle, Mel, fraichement élu, s'était rendu, avec femme et enfants, dans son avion présidentiel, son grand chapeau de vaquero vissé sur le crâne, à Washington pour figurer sur la photo de famille avec Bush...
Mais, les récents changements politiques en Amérique Latine ou la gauche a pris le pouvoir, les offres alléchantes de Chavez qui lui propose pétrole contre fruits et autres denrées agricoles le font changer peu à peu de bord politique. J'ai applaudis l'attitude courageuse du dirigeant hondurien qui décide enfin de s'opposer à l'ingérence américaine qui a maintenu trop longtemps ouvertes les veines des pays centraméricains. Du reste l'offre de pétrole vénézuélien était très avantageuse... Je me souviens aussi du refus de certains politiques honduriens à l'époque de frayer avec Chavez...
Mel opére donc un revirement politique et rentre dans les petits papiers d'Hugo et de Fidel, ses nouveaux amis...

Les rumeurs vont alors bon train... Maison offerte à Zelaya par le dignitaire bolivarien sur les côtes du Vénézuela, recrudescence des avionettes non repertoriées...

Le fait est que Chavez prend de l'importance dans le paysage politique hondurien, on dit même que la garde rapprochée de Mel est vénézuelienne... et sur l'échiquier qui oppose l'axe cubano-bolivarien aux USA, le pion Honduras vient de changer de camp.

Sur le plan national, avoir des amis puissants et d'expérience permet à Zelaya de mettre en place un plan d'attaque "clef en main" pour assurer la suite.
Augmentation du salaire minimum de quasiment 100% et proposition d'un quinzième mois, augmentation des professeurs... Des décisions qui n'ont pas été mesurées économiquement, qui ne plaisent pas forcément aux entrepreneurs, qui augmentent par voie de conséquence l'inflation et le taux de chômage (100 000 licenciements dans les PME), mais qui ont le mérite d'être populaires.
Fort de son succès qui masque ses problèmes de gestion, Mel compte bien rester au pouvoir pour dixit "entreprendre les réformes nécessaires afin de résoudre la pauvreté au Honduras", réformes dont on ne sait rien, qui on la couleur du socialisme sans que le mot soir jamais prononcé, réformes qu'il n'a jamais mis en place depuis 3 ans qu'il est au pouvoir et qu'il change de ministres régulièrement.
Son plus grand obstacle reste que la constitution du Honduras ne prévoit pas la réélection de son plus haut dignitaire.
Qu'à cela ne tienne, on emploie la "méthode Chavez" qui adore une constitution tant qu'elle peut être modifiée...
Voilà bien le fond du problème... Zelaya invite le peuple Hondurien à se prononcer sur la possibilité de prolonger le mandat présidentiel en cas de nécessité, de quoi mettre en place les derniers verrous de sa politique sous influence. Mais personne n'est dupe au Honduras...
Zelaya et un millier de ses partisans force l'entrée, ce jeudi, d'une base militaire, pour prendre le matériel nécessaire (des urnes made in Vénézuela) à ce que lui même tente de minimiser comme étant une simple enquête innocente, alors que, comme pour Caracas, il s'agit, fort d'un résultat que ne peut confirmer aucun observateur, d'imposer des amendements à la constitution qui le maintiendront au pouvoir autant que "nécessaire"...
Le processus de consultation est déclaré illégal par la court suprême, l'armée s'y oppose, le chef de l'état major est démis de ses fonctions, le ministre de l'armée non consulté démissionne et Mel continue a dire que l'élection se fera en ce dimanche pluvieux d'élection à Perpignan et en Argentine...

On peut lire la suite ailleurs...

S'agit-il d'un coup d'état? D'une destitution?

En bonne et due forme, une destitution, sûrement pas! Un coup d'état militaire certes non, mais avec l'aide des militaires évidemment! De qui d'autre d'ailleurs?

Agir dans la précipitation n'est jamais bon, mais Zelaya a fait la force le premier, et nul n'est au dessus de la loi... Le problème cependant, c'est qu'un coup militaire sans indication légale, est hors la loi, et qu'à user des mêmes méthodes (exil de Mel, fausse lettre de démission) que celui qu'on accuse on n'est guère mieux que lui...

Pourtant si l'on fait abstraction de cet acte de violence que diplomatiquement rien ne peut justifier, la manière avec laquelle le congrès hondurien a agit en élisant un président intérimaire, Micheletti, opposé de la premier heure au pétrole chaviste, avec l'appui de la Direction des Droits de l'Homme, et en appelant au calme, est exemplaire. Du reste, mis à part devant la maison présidentielle ou le même millier de personne brûlait des pneus, la population hondurienne est restée calme. Les ingérences sous couvert d'humanitaire et de copinage, la méthode fidélo-chaviste à peine voilée, la susceptibilité des soldats hondurien à voir leur pays sous influence, l'entêtement de Zelaya à imposer cette élection a suffit... D'une seule voix, rouges et bleus ont voté la destitution de Mel Zelaya. Il ne s'agit pas contrairement aux accusations manichéennes de Chavez d'un complot de l'extrême droite fasciste hondurienne (elle n'existe pas) ou de la bourgeoisie. Il s'agit de représentants du peuple hondurien qui en ont eu assez de la valse des ministres au gré des ententes, de la maladresse d'une politique qui se cherche, promet mais n'accomplit pas, (depuis 2 mois aucun prof n'a reçu son salaire au Honduras) et qui veut se maintenir, en dépit de la loi... Et cela, il ne faudra pas l'oublier au moment de juger le coup de force...



Que deviendra le Honduras durant les 6 mois qui le sépare d'une prochaine élection présidentielle? Isolé internationalement, cible des attaques bien pensantes des pays frères dont certain(e)s président(e)s peuvent trembler, il va reculer un peu plus... alors qu'il s'est empressé de se donner une nouvelle tête, la précédente ayant démesurèment gonflée... je n'imagine pas d'ailleurs voir revenir Zelaya au pouvoir... ce serait la chasse aux "gorilles"!

D'un point de vue personnel, et le personnel a du transparaitre déjà dans cet article, Chavez définitivement ne m'est plus sympathique... Ma femme et mon fils sont dans un avion vers le Honduras qui a fermé son aéroport jusqu'au 6 juillet, elle devrait prendre un bus du Salvador au Honduras pour rejoindre sa famille... Je ne connais de la situation du pays que ce que j'ai pu écrire... et je me pose cette question lancinante... Ne devrions-nous pas lire les signes? Nous savons qu'il ne faut pas forcer les choses... Après l'Argentine, le Honduras nous convient-il vraiment?

J'espère de tout coeur que oui...